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Un film de Rebecca Miller
1986. Jack Slavin habite avec sa fille Rose, seize ans, sur une île isolée au large de la côte Est. Vingt ans plus tôt, il partageait sur ce site sauvage, la vie et les rêves agrestes d'une communauté hippie. Les temps ont changé. Ses anciens compagnons s'en sont allés et sa femme est morte lui laissant une fille en bas âge. Bien décidé à défendre sa terre et ses idéaux, Jack a tout fait pour protéger Rose de l'influence néfaste du monde. Ce couple étroitement soudé mène une existence idyllique que rien ne semblait pouvoir troubler jusqu'à l'intrusion du monde moderne et de la maladie dans leurs vies.
La catastrophe annoncée se déchaîne drainant dans le même temps des petits bonheurs et des fous rires, brefs intermèdes entre la vie et la mort. Mais le vrai bonheur n'est pas dans le pré, ni dans ce scénario pourtant bien foutu : il consiste à regarder les magnifiques acteurs de ce film évoluer sur une valse à trois temps. La jeune Camilla Belle irradie de dureté et d'une beauté minérale, sombre dans le rôle de Rose. Catherine Keener en Kathleen fait passer des émotions et sa fragilité béante en trois battements de cils. Et surtout, dans le rôle de Jack Slavin, Rebecca Miller a choisi un acteur rare, le meilleur, qui est, par ailleurs, son compagnon et le père de ses enfants : Daniel Day-Lewis. L'air d'être rongé par la maladie mais aussi par ses erreurs et par ses choix, il joue le personnage de Jack en profondeur, dans ses paradoxes, dans son intransigeance, dans son amour fou pour sa fille et dans sa faiblesse. L'excentrique Jack Slavin figure un échec : celui d'un intellectuel qui voit les limites de son rêve au moment où il quitte le monde.
Une chanson de Bob Dylan sur un long mouvement de caméra survolant un jardin de fleurs sauvages annonce immédiatement la couleur du film : vert amer taché de rouges bonheurs. Tout d'abord le décor : une île, c'est-à-dire presque un concept, le summum du huis clos. Ensuite les personnages : un homme en train de mourir et sa fille se battent contre le monde entier, contre la modernité, la pollution, les promoteurs immobiliers, les médiocres. Ces deux êtres vivent dans le bel idéal d'un autre temps, celui du Flower Power, des communautés hippies, du retour à la Terre, d'une écologie sans compromis. De cette communauté de la fin des années 60 il ne reste qu'eux, seuls sur l'île, protégé de ce monde sans foi ni loi, dans une belle osmose. Trop belle pour durer.
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Je félicite Rebecca Miller surtout pour son choix pour Jack Slavin !
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Je la félicite pour tout en fait !!!
Ce film est de loin un des plus beau film qu'il m'ai été donné de voir l'année dernière
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